Norwegian Cruise Line est en pleine transformation . La compagnie, qui exploite des marques telles que Norwegian, Oceania et Regent, a lancé un ambitieux plan de renouvellement de sa flotte, impactant ses navires les plus anciens et sa stratégie commerciale. En Espagne, ce changement est manifeste avec la mise hors service du Norwegian Sky, qui desservait régulièrement les ports de Vigo et Motril, et simultanément avec l'augmentation des escales vers des destinations comme la Costa Tropical.
Alors que le marché observe les décisions financières de la compagnie de croisières, notamment la révision à la baisse de ses prévisions de bénéfices, l'entreprise poursuit ses investissements sur le marché européen, et plus particulièrement en Espagne. Ces dernières semaines ont été marquées par des développements significatifs : la vente du Norwegian Sky à l'indien Cordelia Cruises, l'arrivée de nouveaux navires comme le Norwegian Aura et une intensification des opérations dans des ports tels que Motril, devenu un hub stratégique pour la compagnie.
Norwegian Sky dit adieu à l'Europe
Le Norwegian Sky, construit en 1999 et rénové en 2024 , a effectué ses dernières escales en eaux européennes avant d'être transféré à la compagnie indienne Cordelia Cruises. Le navire, d'un tonnage brut de 77 104 tonnes et d'une longueur de 258 mètres, est arrivé au port de Vigo mardi dernier avec 2 029 passagers à son bord, pour un voyage de repositionnement qui s'achèvera à Athènes, où il sera remis à ses nouveaux propriétaires. Il sera alors rebaptisé Cordelia Sky et naviguera dans l'océan Indien à partir d'octobre.
Ce même navire effectuera une escale supplémentaire à Motril le 28 août, en provenance de Cadix, ce qui constituera un double adieu aux eaux espagnoles. Au total, le Norwegian Sky a visité des ports tels que Southampton, Lisbonne, Cadix, Motril et Palma de Majorque lors de son dernier voyage en Méditerranée. Sa vente s'inscrit dans la stratégie de Norwegian Cruise Line Holdings visant à optimiser sa flotte et à la renouveler , en remplaçant les navires les plus anciens par des modèles plus modernes.
Motril, le port qui prend de l'importance en Méditerranée
La Costa Tropical est devenue l'une des destinations privilégiées de Norwegian Cruise Line. Cette semaine, le port de Motril a accueilli le Norwegian Dawn et le Norwegian Sky, deux navires de la même compagnie, témoignant de l'intérêt croissant de Norwegian Cruise Line pour cette enclave de Grenade. Le Norwegian Dawn, long de 294 mètres et pouvant accueillir 2 290 passagers, a fait escale mercredi, et le Sky le fera vendredi. Il ne s'agit pas d'un cas isolé : l'autorité portuaire prévoit 73 escales de navires de croisière en 2026, pour un total de 126 746 passagers , ce qui constituerait un record.
L'investissement de Norwegian à Motril n'est pas fortuit. Le port constitue une porte d'entrée vers la région de l'Alpujarra, Grenade et la Costa Tropical. L'impact économique de cette activité est estimé à 10 millions d'euros pour la province. La stratégie de la compagnie repose sur la réduction de la saisonnalité du tourisme de croisière et l'attraction de navires de taille moyenne transportant des passagers à fort pouvoir d'achat, ce qui correspond au profil des voyageurs arrivant à bord de ses navires.
Renouvellement de la flotte : nouveaux navires et départs programmés
Norwegian Cruise Line Holdings a annoncé un plan de modernisation sans précédent pour le secteur. La compagnie, qui exploite actuellement 35 navires, prévoit la construction de 16 nouveaux paquebots d'ici 2037, représentant un investissement de près de 20 milliards de dollars. Le premier lancement majeur sera celui du Norwegian Aura, le nouveau fleuron de la compagnie, d'un tonnage brut de 170 000 tonnes , dont la livraison est prévue en 2027. Il sera suivi d'un navire jumeau en 2028 et d'une nouvelle classe de cinq paquebots géants de 227 000 tonnes brutes, attendus entre 2030 et 2037.
Parallèlement, la compagnie de croisières retire ses navires les plus anciens. Le Norwegian Sky et son navire jumeau, le Norwegian Sun, seront transférés à Cordelia Cruises, tandis que d'autres navires d'Oceania et de Regent Seven Seas seront également retirés de la flotte dans les années à venir. Le PDG, John Chidsey, a reconnu que les difficultés récentes étaient dues à des erreurs internes et a mis en œuvre des mesures telles que la tarification de base (fixation anticipée de prix compétitifs) et un plan d'économies annuel de 225 millions de dollars. Cette transformation vise à améliorer la rentabilité et à mieux positionner chaque marque.
Contexte financier et confiance des investisseurs
Cette transformation n'a pas été sans turbulences sur les marchés. L'entreprise a revu à la baisse ses prévisions de bénéfice ajusté pour 2026, les ramenant à 1,50 $ par action, contre une fourchette précédente de 1,45 $ à 1,79 $, suite à une chute de 5 % de son résultat net et à un affaiblissement de la demande pour la marque norvégienne. Malgré cela, Elliott Investment Management a augmenté sa participation dans NCLH de 11,4 %, pour atteindre 14,7 millions d'actions fin juin, signe que le fonds activiste est confiant dans le redressement à long terme. Les analystes restent toutefois prudents : l'objectif de cours moyen est de 21 $, contre un cours de clôture de 17 $, avec 9 recommandations d'achat et 17 recommandations de maintien.
Ce contexte financier contraste avec l'expansion physique de la compagnie dans les destinations européennes. Alors que de nouveaux navires sont en construction et que les plus anciens sont vendus, Norwegian Cruise Line reste engagée sur la Méditerranée et le marché espagnol. Le renouvellement de la flotte et la consolidation dans des ports comme Motril et Vigo définissent une phase de transition durant laquelle la compagnie cherche à concilier efficacité opérationnelle et expérience client.
L'attention du secteur est rivée sur la manière dont Norwegian Cruise Line compte mettre en œuvre son plan de renouvellement. Entre la mise hors service de navires historiques comme le Norwegian Sky et l'arrivée de nouveaux bâtiments, la compagnie cherche à renforcer sa présence sur des marchés clés tels que l'Espagne. Malgré d'importantes difficultés financières, la confiance d'investisseurs comme Elliott laisse entrevoir un redressement possible, sous réserve de résultats concrets confirmant la pertinence de cette stratégie.
